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Badume's Band
Formation bretonne d’une dizaine de musiciens, le Badume's Band s’attache à reprendre et réinventer le répertoire du "Swinging Addis", décade explosive où la jeunesse éthiopienne s’émancipait sur fond de métissages et innovations soul.
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| Portrait |
Badume's Band
Dans le milieu des années 80, des cassettes de musiques éthiopiennes des sixties débarquent dans les oreilles de jeunes jazzmen bretons. Rencontre décisive. Fascinés par les rythmes pentatoniques et les beats ternaires de ces morceaux aux colorations soul et au groove implacable, les jeunes autodidactes veulent en savoir plus. Ils pratiquent leurs instruments dans des groupes traditionnels comme le Gwenfol Orchestra ou la Kreizh Breizh Académi, jouent régulièrement dans des fest noz et ont une solide expérience de la scène. À l’oreille, ils retranscrivent alors leurs propres instruments sur partition, jusqu’à l’amharique, langue éthiopienne complexe qu’Eric Menneteau, la stupéfiante voix du Badume’s, chante à l’aveugle, et fait corriger par des musiciens éthiopiens.
Le groupe reprend des compositions de Mahmoud Ahmed, pièce maîtresse de la décade d’or de la musique éthiopienne, d’Alémayéhu Eshèté, le James Brown d’Addis, et de bien d’autres artistes issus du catalogue d’Amha Records. C’est en effet cette maison de disques, dont les sorties ont été rééditées dans leur intégralité par la collection Éthiopiques de Francis Falcetto, qui édita l’essentiel de la musique éthiopienne contemporaine. Addis Abeba, phare de culture de la sous-région à la fin des années 60, connut une période fascinante (1969-1979) où soul, groove, funk se mêlèrent aux rythmes nationaux, débauchant massivement les musiciens des orchestres officiels de police et de gendarmerie, qui abandonnaient leurs uniformes au profit des cols pelles à tartes et autres pattes d’éléphant. À partir de 1974, l’évolution de cette musique est stoppée dans son élan par la chute de l’empereur Haylé Séllassié 1er et l’instauration d’une dictature militaire. Dix-huit années particulièrement sombres pendant lesquelles l’industrie du disque périclite et le couvre-feu est rapidement instauré, sabotant toute possibilité de vie nocturne. Le répertoire du Badume’s raconte la fulgurance de l’explosion musicale de ces prestigieuses années.
Après trois années de reprises fidèles, plusieurs scènes avec Mahmoud Ahmed, des concerts au festival d’Addis Abeba en janvier dernier, l’aval des aînés musiciens, le Badume’s a décidé de proposer une relecture plus personnelle de la période. Dans son premier album Addis Kan, au titre en forme de clin d’œil au kan ha diskan, le chant de Centre Bretagne, le Badume’s travaille les arrangements des morceaux d’origine en en conservant les mélodies chantées. La voix entêtante d’Eric Menneteau, le clavier de Franck Lemasle, la section cuivres jazzy ou carrément funky et la rythmique ravageuse refont vivre la chaleur des nuits d’Addis, en y faisant souffler un délicieux vent de fraîcheur.
Eglantine Chabasseur
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| Discographie |
Addis Kan
(Album)
Innacor / Ton All Produksion L'Autre Distribution
2007 |

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Innacor
Tél : +33(0)2 97 23 82 82
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